Le transport public

Urbanisme : le transport public
Rédigé par Georges Poix. vendredi 25 mai 2012
Rencontre sur le thème :
Evolution des rythmes de vie et des comportements, quels enseignements pour le transport public?

Accueil et ouverture : Monsieur Michel Bletrach, président du groupe Kéolis Animation Monsieur Eric Chareyron, directeur marketing du groupe Kéolis
Objet : Dans la perspective de présentation du projet de tramway aérien à Lyon, lors d’un petit déjeuner le jeudi 21 juin prochain au Pavillon du Parc de la Tête d’Or, le Club de l’OURS était présent à la troisième édition des études « KEOSCOPIE » pour changer le regard sur les transports. Voici les quelques points les plus significatifs qui ont été relevés pour alimenter notre réflexion. I.
Comme pour tout autre sujet, il ne faut pas rester assis sur ses certitudes et combattre les idées reçues.
1. Le travail est-il un critère déterminant ?
Les pourcentages de raisons de déplacement sont les suivants : Domicile-travail 16 % Domicile-étude 12 % Autres 72 % Donc les déplacements pour aller travailler et ceux des écoliers et étudiants représentent moins du tiers des raisons de prendre un transport en commun. Le problème provient des heures de pointe et donc du non étalement des périodes d’ouverture et de fermeture des bureaux et des écoles.
2. Qui utilise principalement les transports en commun ? – Les séniors. La tranche des 75/84 ans représente 4 millions de personnes alors que les étudiants ne sont que 3,2 millions – Un adulte sur deux vit sans enfants
3. Le critère gain de temps est-il essentiel ? – Les séniors préfèrent un mode de transport de bout en bout plutôt que de prendre une correspondance qui leur ferait gagner du temps. Ils ne sont pas pressés. – Les personnes qui utilisent les transport en commun pour aller travailler sont disposées à faire une liaison à pied pour prendre une correspondance plus rapide. Ils connaissent les « astuces » telles que celles de faire un bout de trajet à contre sens pour gagner du temps.
4. L’image du transport en commun n’est pas valorisante. – Les individus se sentent plus en sécurité en transport individuel, c’est l’effet « bulle » Pour corriger cette image négative, les bureaux d’étude ont proposé des aménagements plus conviviaux : banquettes face à face, recoins protégés, tenue debout plus confortable, etc. Les personnes considèrent que le transport individuel constitue un « espace de liberté » et ne tiennent pas compte des risques liés à la conduite automobile. Minimisation des problèmes d’alcoolémie
II. Derrière des flux, des individus
1. Les transports en commun sont un service public mais ils doivent surtout être un service AU public. Les utilisateurs doivent être considérés comme des consommateurs, comme des clients.
2. Pour optimiser les offres les transporteurs doivent prendre conscience qu’Is sont des « opérateurs de mobilité »
3. Il faut diversifier l’offre et éventuellement doubler les lignes les plus chargées aux heures de pointe
4. Il faut penser à l’aller-retour. Un passager qui ne peut pas revenir par le même mode de transport, quelle qu’en soit la raison (plage horaire, fréquentation insuffisante etc.) n’utilisera pas les transports en commun
5. Les maillons faibles des transports en commun sont : . fin de service trop tôt . trop d’attente aux stations . desserte insuffisante des banlieues . nécessité de passer au centre-ville (peu de liaisons périphériques directes) Conclusion : – que les transports en commun soient attractifs car les clients sont de plus en plus multi modaux, (veloV – Car2go il faut etc.) donc de plus en plus infidèles – il faut que les transports en commun acquièrent une notoriété d’image, un label qualité.
III. Territoires multipolaires et périurbanisation
1. Contrairement à ce qui est souvent rapporté, les gens sont plutôt bien là où ils ont décidé d’habiter L’éloignement ne constitue pas un frein au désir des français d’avoir leur maison avec un bout de jardin.
2. La conséquence directe et l’engorgement aux entrées de ville. Il faut donc capter les gens qui arrivent de l’extérieur aux portes des villes Les parcs relais aux entrées d’agglomérations sont insuffisants (7 000 places pour l’agglo lyonnaise
3. La politique actuelle de l’aménagement urbain est de construire la ville sur la ville afin de ne pas éclater la ville. Le problème de notre agglomération est l’ouest lyonnais dont l’accès à la ville centre est bloqué par les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse.
4. Le critère clé pour améliorer l’accès à la ville centre est la correspondance entre les lignes de transport régionaux (autocars, TER etc) et les transports urbains. Le maillage des correspondances doit systématiquement être pris en compte.
IV. Tarification et relations clients
1. Le budget annuel du SYTRAL est de 1 milliard d’euros et son rôle social est assuré par le fait que 40 % des utilisateurs payent un tarif réduit (1/2 tarif).
2. L’investissement du SYTRAL est en priorité dans l’amélioration du réseau soit un budget d’investissement de 1 milliard d’euros par mandat (6 ans).
3. Les coûts les plus significatifs sont ceux du métro : 125 millions d’euros pour le tunnel sous le Rhône à Gerland 4. Dans le coût total : investissement, + entretien, + fonctionnement d’un autobus, le coût du chauffeur est de 75 %. Conclusion : Pour modifier l’image des transports en commun, la cible doit être les jeunes qui ne sont pas sclérosés par des idées toutes faites. Pour cela, il faut innover et créer des évènements pour notifier l’innovation.
V. Notre proposition L’idée que va proposer le Club de l’OURS le 21 juin prochain au Pavillon du Parc n’est pas tout à fait innovante puisque la ficelle de Saint Just a été inaugurée le 14 juillet 1878. Rappelons que « Ficelle » est l’image du câble de traction funiculaire et que celui de la rue Terme, inauguré en 1862, fut le premier au monde ?
Le transport urbain par câble aérien est donc une continuité dans l’esprit d’innovation lyonnais qui, dans le cas particulier, date déjà de la fin du XIXème siècle.
A l’heure du Grenelle de l’Environnement qui caractérise ce début du XXIème siècle, comment les lyonnais vont-ils accueillir cette idée « en l’air » ?
Nous le saurons bientôt.

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