Petit déjeuner 30 mai 2013 – Guy Mathiolon

Le Club de l’OURS a reçu le Jeudi 30 mai 2013
Guy Mathiolon
Président du Groupe SERFIM
sur le thème : 
« L’importance de la métropole lyonnaise »

Deux intervenants se sont déjà exprimés brillamment sur le même thème devant les membres du club de l’OURS :

– Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon le 7 février 2013 et

– François Noël Buffet, sénateur maire d’Oullins le 18 avril dernier.

Le point de vue de Guy Mathiolon en qualité d’ancien président de la CCI de Lyon, qui a dû gérer la réforme, et notamment la fusion des 2 chambres existantes de l’Ardèche ne manque pas de captiver les nombreux participants présents à ce petit-déjeuner.

Devant un parterre de quelques 120 chefs d’entreprise et d’élus parmi lesquels :

– Evelyne Haguenauer représentant Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon

– Nora Berra, député européen, ancien ministre de la santé

– Denis Broliquier, maire du 2ème arrondissement

Guy Mathiolon a présenté les atouts et faiblesses de la métropole lyonnaise.

Tout d’abord, l’atout maître de Lyon réside dans sa situation géographique, la vallée du Rhône étant un axe de passage obligé Nord-Sud.

La décision historique de Gérard Collomb et Michel Mercier de supprimer l’échelon départemental sur le territoire du Grand Lyon va dans le bon sens, mais il faut aller plus loin.

La loi PLM du 31 décembre 1982 dite loi Deferre a numéroté les 9 arrondissements de Lyon plutôt que de garder leurs noms traditionnels, tels que Croix-Rousse, Guillotière, Vaise, Saint Rambert, etc.

Cette numérotation crée une résistance aux regroupements naturels d’intérêts. Le discours des édiles villeurbannais qui ne veulent pas être « le 10ème arrondissement de Lyon » est significatif.

Un autre atout est que Lyon est le premier site universitaire français hors Ile de France, mais cela ne se sait pas.

Avec 120 000 étudiants, 11 500 chercheurs et enseignants, 5 700 doctorants, 196 laboratoires publics, le pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRESS) est méconnu, d’autant que le découpage Lyon I, LYON II, Lyon III est incompréhensible pour les étrangers.

Il y a 8 écoles d’ingénieurs à Lyon. Sur les 20 000 ingénieurs qui sont diplômés chaque année en France, 3 000 sont issus de Lyon.

Le cas de l’école centrale de Lyon, dont la mission initiale était d’être au centre de la région industrielle, a perdu une grande partie de sa raison d’être en étant transférée à Ecully.

D’ailleurs les laboratoires de l’Ecole centrale sont situés sur le campus de la Doua. Un regroupement sur un seul site universitaire serait plus judicieux.

Lorsque l’on parle des universités américaines, tout le monde connaît Harvard, Stamford ou Yale. Des universités britanniques, on connaît Cambridge ou Oxford et bien d’autres.

Il est donc nécessaire, pour que la métropole lyonnaise puisse communiquer sur son pôle universitaire, que celui-ci soit moins morcelé.

L’aéroport Saint Exupéry, bien qu’étant pour l’heure hors périmètre de la métropole est un immense atout pour Lyon.

Notre plateforme aéroportuaire dispose de réserves foncières et de liaisons directes TGV et métro dont Paris manque.

Malheureusement, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGRAC) et Aéroports de Paris (Orly et Roissy) maintiennent une sorte de monopole sur les liaisons intercontinentales. Le niveau de fréquentation entre Paris et Nice, 2ème plateforme française, est de 1 à 10 et il n’y a pas d’autres exemples en Europe d’un tel déséquilibre.

L’avenir du développement des liaisons longs courriers pour Saint Exupéry passe par une coopération avec Genève Cointrain qui est à saturation et sans possibilité d’extension.

Enfin, l’exemple même des difficultés qu’ont les collectivités à se regrouper pour être plus performantes performantes est illustré par le cas des chambres de commerce et d’industrie.

La CCI Rhône-Alpes comptait 12 chambres dont 2 sur le département de l’Ardèche.

Sur ce territoire, il a été décidé, dans le cadre de la réforme des chambres, de réduire ce nombre à 4. Mais pour fusionner 2 chambres, il ne faut plus qu’un seul directeur et un seul directeur adjoint, et l’expérience a montré que, dans ce cas, les intérêts particuliers dépassent très largement l’intérêt général.

Pourtant, il faut cesser de penser qu’une métropole est faite pour casser les territoires. Bien au contraire, la force de la métropole est nécessaire pour aider les territoires en difficulté.

 

Suivez nous sur les réseaux sociaux :
Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail